*Bansuri

En dehors du contexte des récitals de musique classique de l’Inde du Nord, Henri Tournier est amené à utiliser une palette chromatique complète de bansuris de toutes tailles, allant de la tessiture de la flûte alto à celle du piccolo.

À propos du bansuri, flûte traversière de la musique classique de l’Inde du nord...

La flûte est très populaire en Inde, connue à travers tout le pays sous des noms très différents : vamsi, murali, venu (sanscrit), kuzhal (tamil, malayalam), kolavi (kannada), pillanagrovi (telugu) ...
La flûte est désignée, dans les textes védiques, par les termes : venu, nadi ou nali, toonava ; mais c’est le mot venu qui a surtout été retenu. Il veut dire littéralement “bambou” ou “roseau”, ce qui est également mentionné dans les Jataka (recueil de contes sur la vie de Bouddha).
Ces termes d’une connotation très générale sont utilisés pour toutes sortes de flûtes : flûte traversière, droite, à bec avec ou sans encoche.

Dans la littérature sanskrite, murali, synonyme de vamsa, fait référence à une flûte traversière à trous. Le murali est un des principaux attributs iconographiques du dieu Krishna souvent appelé aussi muralidhara (“Celui qui tient la flûte”) ou venugopala (“Le (divin) berger à la flûte”).
On appelle communément en Inde du nord cette flûte traversière le bansuri : une des nombreuses dérivations du sanskrit vamsa (“flûte”) et du néo indo-aryen bas (“bambou”).

Le bansuri tel qu’il est joué actuellement pour la musique classique de l’Inde du nord, est généralement une flûte ayant pour tonique une note proche du mi (il n’y a pas de hauteur absolue en musique indienne), d’une longueur moyenne de soixante-dix centimètres. Cette longueur ainsi qu’un diamètre intérieur assez large et les qualités étonnantes du bambou lui donnent sa sonorité profonde, ronde et veloutée si caractéristique. Faite de bambou - ou plus précisément d’une variété de roseau géant que l’on trouve dans la région d’Assam -, elle est percée de huit trous : un trou d’embouchure, six trous de jeu et un trou de justesse placée vers l’extrémité. Elle se joue communément sur deux octaves, parfois deux octaves et demie. Sur la majorité des flûtes traversières occidentales, l’index gauche enrobe la flûte, celle-ci étant en appui sur sa troisième phalange, maintenue par le pouce et l’auriculaire de la main droite. Ici la flûte tient en équilibre sur les deux pouces tendus, l’annulaire de la main droite servant de stabilisateur.
Le bansuri, contrairement à la flûte baroque par exemple, n’utilise pas de doigtés de fourches (combinaisons de doigts) excepté dans la troisième octave. En effet on obtient toutes les notes nécessaires à l’interprétation des ragas, en obturant complètement ou partiellement les trous. Ce jeu, faisant intervenir une ouverture partielle, pose bien sûr de grandes difficultés d’intonation et de justesse, mais permet progressivement de contrôler avec une grande flexibilité les micro-intervalles propres à la musique de l’Inde. Pandit Hariprasad Chaurasia a porté la maitrise de ces techniques à un niveau jamais égalé et suscité un engouement extraordinaire pour cet instrument.

Listen to the bansuri
Rudra-Lalit- H.Tournier’s composition (CD EOS B.Chemirani)